En cherchant un peu sur le site du journal La Dépêche, on trouve une photo d'une école brûlée très ressemblante (même poteau bleu à droite entre autre) illustrant un article du 15 Mai 2007 .

DDM

C'est donc l'école primaire Falcucci de Toulouse. Cet incendie fait suite à l'élection de Nicolas Sarkozy. L'article du 14 Mai de la Dépêche relate les faits (avec un commentaire en dessous venant contredire la version de la voiture-bélier).

Tout ça pour vous dire que l'incendie de cette école (primaire et non maternelle) n'a rien à voir avec des "minicaïds" de 3-10 ans.

Des exemples clés

Passons maintenant à l'article en lui même. 6 faits divers pour illustrer et finalement faire le "fond" de l'article.

On commence par Aziz, "l'exorciste". Oui, ça fait bien de donner son surnom, bien que pitoyable. Aziz donc,"Comportement hyperactif, insultes, coups… la dernière fois qu'il a frappé, c'était son enseignante.". Des hyperactifs violents, ce n'est pas très nouveau mais apparemment, c'est ça nos "minicaïds".

Passons à Bemba, 7 ans, "qui arrive à l'école en empestant l'essence, après avoir incendié avec ses frères des voitures du parking voisin". On ne sait pas d'où vient cette appréciation et ce jugement. Ce serait trop d'en savoir plus, on passe donc au suivant.

Ca devient encore plus palpitant avec " [...] ce gamin de 3 ans surnommé «Hannibal Lecter» (encore un beau surnom), [...] pour avoir mordu le nez d'une fillette jusqu'à le lui arracher.". Pas de prénom pour lui, mais c'est sûr qu'il doit être à consonance étrangère. Cette histoire m'en rappelle une similaire, il y a 20 ans dans une école de Villeneuve d'Ascq... Elle était restée dans les faits divers.

Pour "Kader, 6 ans, qui, sous l'influence de son beau-père, fume du cannabis chaque soir «pour mieux dormir»", c'est la connerie du beau-père qu'on impute au gamin de 6 ans.

Et ça continue avec "Hakim, 9 ans, [qui] a, quant à lui, donné des coups de couteau à sa propre mère... C'était il y a six ans". Dans le contexte de l'article, on comprend (malgré la tournure de phrase) qu'il a frappé sa mère à 9 ans et qu'il en a maintenant 15 et est incarcéré. Oui, on sait que ça existe... Et ça n'en fait pas une bande de minicaïds.

Enfin, pour conclure l'article, la journaliste utilise le témoignage d'une mère, finissant sur un terrible "Il y a quelques mois, alors enceinte, Maxime, 7 ans, lui a donné des coups dans le ventre. Elle aussi envisage de partir."

Juste le portrait de six enfants turbulants ? Ah non," Tous ces «enfants bandits», [...] viennent de Seine-Saint-Denis.". A bon ? Du 93 ? Je croyais qu'ils venaient de Toulouse après avoir vu la photo. Qu'ils viennent du 93, c'est, pour la journaliste, la preuve que ce sont des "minicaïds".

Des chiffres percutants

Pour appuyer ces cas, passons "côté chiffres" où "il est difficile d'être précis.". Bien sûr, puisque la journaliste en a peu sur le "phénomène" qu'elle observe (c'est pas de sa faute, les statistiques sont toutes sur les 13-18). Mais qu'importe, on en met quand même : "On sait simplement qu'en 2005, sur les 82.556 actes dont les juges des enfants ont été saisis, 3474 concernaient des moins de 13 ans.". Ce qui nous permet juste d'en déduire que 4% des dossiers des juges pour enfants concernent des moins de 13 ans. (D'ailleurs le Figaro ne nous dit pas si les actes ne concernent que des enfants accusés ou aussi des enfants victimes)

Et puis comme ça fait un peu léger, on reprend une statistique sur la délinquance des mineurs : "la part des mineurs dans la délinquance est passée de 10% dans les années 1970 à 25% aujourd'hui.". Mais cela ne permet pas de se prononcer sur la délinquance des moins de 13 ans. Tant pis, les chiffres sont là. Pour faire sérieux, c'est le principal.

Un témoignage sans a priori

Enfin pour faire un bon article, il ne reste plus qu'à ajouter les déclarations d'une présidente d'association pour la prévention de la délinquance des mineurs, Sonia Imloul... même si (et peut être surtout si) elle a déjà déclaré que l'un des problèmes les plus importants en banlieue était la polygamie.

Merci au Figaro pour nous avoir donné une si belle minienquête. Et bonne année à tous.