Depuis 5 ans je ne passe plus ce coup de fils. Tous les 12 juin, je décrochais le téléphone pour appeler Jacques. On avait 60 ans moins une demi heure de différence. L'un né le 11 à 23h45 et l'autre le 12 à 00h15. Enfin, c'est toujours ce que j'ai voulu me rappeler. J'ai jamais vérifié. Mais c'est ce qui me liait à lui. Parce qu'on ne causait pas beaucoup. C'est qu'il était discret, Jacques, surtout avec les enfants. Et le nombre d'enfants autour de lui n'arrangeait pas les choses. Alors, il se réfugiait soit derrière une caméra, soit derrière un bouquin ou s'effaçait derrière Anne, plus à l'aise.
Et puis on ne se voyait pas beaucoup, une semaine à noël et une l'été. Parfois un peu plus, parfois un peu moins. Mais jamais assez longtemps pour qu'il puisse se lacher. Mais il était la. Une personne intrigante qui avait ses passions. Sans particulière volonté de les partager, il les dévoilait quand même et chacun pouvait piocher dedans pour créer un lien. Je ne l'ai pas fait. Je voulais lui laisser. Et depuis quelques temps, quand je passe, je fouille dans ses livres, dans ses outils ou dans son matériel d'ancienne avant-garde technologique à la recherche de son personnage énigmatique. L'architecte d'une église en lamellé collé, c'est pas rien comme grand-père ! Je le découvre petit à petit. Mais il est parti.
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-allo
-allo, Jacques Barthélemy, j'écoute.
-Bonjour, c'est Martin. Bon Anniversaire Jacques.
-Merci. C'est gentil d'avoir appelé. Comment ça va ?
-Bien. On a mauvais temps ici. On...
-Je te passe Anne.
...
"